Tahiti mon rêve, par Fabienne

Groupe Bordier Bretton

`La ora na.

Lorsque j’étais enfant, j’ai vu un documentaire sur Tahiti et je me suis fixée comme objectif de venir un jour découvrir de mes propres yeux ce qui m’avait tant émerveillée à la télévision.

De fort nombreuses années plus tard et après avoir traversé deux océans, m’y voici enfin !

Tahiti, trois syllabes qui me faisaient rêver à l’océan, au sable et au soleil, aux lagons verts et bleus, à la Vague, au parfum de la vanille, au monoï ainsi qu’à la sensualité et la grâce des danses des vahinés.

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Mon reve

Tahiti c’est l’île principale de la Polynésie française. Elle couvre une superficie de 1042 km2 et compte plus de 190’000 habitants, soit 70% de la population de tout le territoire polynésien.

Historiquement, c’est à Tahiti que s’est jouée la destinée de la Polynésie toute entière, que se concentrent les activités économiques comme le transit maritime, l’aquaculture, la perliculture, l’agriculture, les chantiers navals, les usines, etc.

C’est là également que l’évolution de la société polynésienne est la plus visible, là que débarquent les habitants des autres archipels pour venir se faire soigner, pour accoucher, pour étudier ou pour tenter de trouver un emploi rémunéré.

L’agglomération de Papeete s’agrandit d’année en année pour accueillir une population souvent démunie qui rêve d’un destin meilleur.

La seule partie habitée de l’île demeure sur une étroite bande côtière, parcourue d’une longue route d’environ 200 km, jalonnée de points kilométriques et qui se dépeuple à mesure que l’on s’éloigne de la ville. Cette route fait le tour de la grande île. Celle-ci atteint 117 km de circonférence.

En forme de 8, Tahiti est constituée de deux « îles », unies par un isthme. Il s’agit de deux volcans massifs, Tahiti Nui, soit grande Tahiti, au Nord-Ouest et Tahiti Iti, la petite, au Sud-Est. Le mont Orohena culmine à 2'241 m.

C’est l’Anglais Samuel Wallis qui la découvre en 1767. L’île est vantée comme un paradis sur terre l’année suivante par le navigateur Louis Antoine de Bougainville. C’est ensuite au tour de l’explorateur James Cook, envoyé par l’Académie des sciences britanniques, pour trois missions d’observation entre 1768 et 1779, qui en livrera une minutieuse description et la fera découvrir au monde. 
 

Tahiti va devenir une monarchie centralisée pour toute la Polynésie en 1789, grâce au groupe de mutins du Bounty qui y débarque et prend part aux conflits tribaux. Le concours qu’ils prêtent à la tribu Tu va permettre à celle-ci d’imposer la dynastie Pomare et d’installer au pouvoir le roi Pomare Ier. Devenant la résidence principale des Pomare, Papeete naît bientôt. La jeune reine Pomare IV y prend ses quartiers en 1827. Papeete devient le chef-lieu du Protectorat français sur les îles de la Société en 1842, puis celui de la Polynésie française en 1880.  Le roi Pomare V, fils de la monarque qui a laissé son empreinte et négocié avec la France, règnera quelques mois, puis abdiquera. La monarchie sera alors dissoute.

Papeete signifie corbeille d’eau. Elle désigne les paniers qui servent alors à transporter l’eau du ruisseau qui traverse le bourg. La bourgade grandit au fur et à mesure du développement de son port. Coprah et vanille y attirent les navires. Un marché est créé. Bientôt le Palais royal est édifié et est habité dès 1860. Il résiste au grand incendie de 1884 qui va détruire en grande partie la ville érigée en bois. Au début du 20ème siècle, Papeete résiste à une tornade suivie d’un raz de marée en 1906, puis aux bombardements des canonniers allemands en 1914 et à une épidémie de grippe espagnole en 1918. De 8500 habitants entre les deux guerres, Papeete est passée à 27'000 habitants aujourd’hui pour la ville et 110'000 pour l’ensemble de l’agglomération.

L’île s’impose définitivement comme un véritable creuset démographique et culturel par la construction de son aéroport international Faa’a et par l’installation du centre d’expérimentation du Pacifique. Elle accueille sans cesse de nouvelles populations des autres îles et également de Chine. Elle concentre tous les pouvoirs, politiques et économiques, de la Polynésie.

Autant vous le dire de suite : Papeete ne m’a pas fait rêver d’emblée et m’a fait immédiatement songer à Annemasse après un bombardement, telle fut ma première impression et déception. 
 

Polluée, embouteillée et bruyante, un véritable cauchemar pour les voileux qui arrivent de l’océan bleu, paisible et serein. Toutefois à force de serpenter ses rues, de flâner au marché, de visiter ses boutiques d’artisanat, ses boutiques tout court en compagnie de Valentine, ses librairies, cette bourgade laisse entrevoir un certain charme, certes fort éloigné de l’indolence des îles, mais dû probablement en contraste à son effervescence autour du marché, centre d’échange haut en couleurs où nous aimons nous restaurer à midi avec Vincent. Nous aimons aussi nos promenades dans ses rues piétonnes,  l’observation de l’animation pittoresque de la place Vaiete où se tiennent à la nuit tombée des films en plein air ou des regroupement d’habitants, fréquenter son Grand théâtre ou la place To’ata où ont lieu déjà en ce mois de juin des spectacles de danse qui se dérouleront à nouveau durant le Heiva. Nous apprécions aussi l’activité de sa rade, rythmée par le va-et-vient incessant des cargos, des paquebots et tankers ainsi que des voiliers du monde entier.
Nous savourons les dîners le soir dans ses petits restaurants ambulants où nous retrouvons nos amis du Glywoo, car nous sommes scindés en deux groupes : certains sont amarrés à la marina Taina, hors de la ville, mais plus tranquille: CrazyFlavour, Impossible, Blue way, Chaps, Piedra libre et Vitamine et d’autres à la marina de Papeete, en ville, bruyante, mais en plein centre.

Vincent se remet tranquillement et récupère des forces. Chaque jour, nous faisons une visite d’une exposition, d’un spectacle, une partie de bowling ou une excursion pour me permettre de feuilleter les pages du livre de mes rêves et de les partager avec le capitaine.

C’est ainsi que dans le désordre et dans un inventaire à la Prévert, au gré de mes coups de cœur, je vous citerai :

Le site sacré de Fare Hape, qui regroupe un ensemble cérémoniel, un grand marae et deux plus petits, une plate-forme de tir à l’arc ainsi que des soubassements de maisons et un atelier de débitage lithique. Il y a également un gros bloc de basalte orné de pétroglyphes.

Mahina, baie de Matavai et pointe Vénus, longue excroissance alluvionnaire de sable noire. C’est là que la plupart des explorateurs du 19ème siècle abordèrent, y compris le valeureux équipage qui a ramené à Papeetee le Crazy Flavour après notre Crazy frayeur et qui a trouvé le repos et la sérénité dans cette paisible baie pour une nuit. C’est au capitaine Cook que la pointe doit son nom lorsqu’il observa en compagnie de l’astronome Green en 1769 le passage de Vénus devant le Soleil. C’est aussi là que Pierre Bordier a scruté et observé la voûte céleste en compagnie de Chantal. La plage est très fréquentée le week-end par les locaux, amateurs de kite-surf d’un côté houleux de celle-ci et les baigneurs de l’autre, lisse comme un miroir.

 

Papenoo, côte rocheuse, ventée et sans récifs où déferle la houle du large, devenue le royaume de la glisse et l’un des hauts lieux du surf tahitien. Les plus jeunes et les débutants pataugent dans l’écume avec leur boogie, tandis que les plus chevronnés, dont bon nombre de représentantes de la gent féminine affrontent les déferlantes plus au large, avec force et grâce. Le surf dans la vie tahitienne est certes un sport, mais aussi un art de vivre, une attitude mentale dans la jeunesse tahitienne. J’y reviendrai avec la vague de Teahupoo.

 

Au PK 17 débouche la Papenoo, la plus grande rivière de l’île. C’est aussi le départ de la route traversière. Alors que nous la cherchions avec Thierry Bretton au volant et tout l’équipage du Crazy Flavour embarqué à bord d’une voiture de location Renault Kwid, nous avons interrogé un beau Tahitien affairé à nettoyer son véhicule. Nous voulions nous rendre aux trois cascades de Faarumai. Arrivé à sa hauteur, Thierry freine et sollicite Pierre, copilote, de lui demander notre chemin. Pierre, perdu dans ses pensées, ouvre machinalement la vitre et s’adresse au bel inconnu en lui disant qu’il a une question à lui poser, mais qu’il ne sait plus laquelle. Le Tahitien écarquille les yeux, interloqué, tandis qu’entre deux hoquets de rires, je tente de lui dire que nous recherchons les cascades pour nous y baigner et nous rafraîchir. Et le Tahitien, hilare à son tour, répond qu’il peut nous aider en brandissant son tuyau d’arrosage. La vallée résonne encore du fou rire des trois passagères Claude, Chantal et moi à l’arrière du véhicule quand nous avons quitté les lieux….

 

Le trou du souffleur d’Arahoho.

Après Papenoo, la côte est plus escarpée et bordée de falaises qui tombent à pic dans l’océan. Arahoho, c’est le trou qui hurle. La mer s’engouffre dans un lavatube et en ressort, de l’autre côté d’un petit chemin au pied de la falaise tel un geyser dans un grondement assourdissant. Le souffle d’air est également impressionnant et en a fait tomber plus d’un lorsqu’il ne s’y attendait pas. Une jeune fille a eu ses cheveux dressés sur la tête sous nos yeux ébahis.

Les vagues viennent s’écraser sur la falaise et voler en éclats de cristal, terrifiants de beauté et de violence. Le mot, c’est waow! Nous avons pique-niqué sur l’herbe dans un endroit aménagé avec les Bretton et les Bordier et également fait une petite sieste dans ce magnifique endroit. J’y suis revenue, comme partout, avec Vincent en convalescence, en compagnie de Valentine et Sébastien.

 

Les trois cascades de Faarumai.

Tout l’intérieur de l’île revêt un caractère montagneux. Une piste remonte la vallée de la Vaipuu. Il faut laisser sa voiture après quelques kilomètres et franchir un petit pont dans une forêt de bambous, puis cheminer pour arriver à la très haute cascade de Vaimahuta. Elle est vertigineuse, mais n’est plus très puissante.
 

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Cascade

Il n’est pas possible de s’y baigner l’eau étant quasi stagnante. Chantal et Valentine ont apprécié lors de leur visite à des moments différents l’attaque de ses moustiques.

Le chemin qui mène aux deux autres cascades est actuellement fermé en raison de ravines. Nous n’avons pas pu nous rendre ainsi à Haamarere Rahi et Iti. Dommage !

 

Je vous parlerai dans le prochain article de ce blog de la presqu’île de Tahiti Iti et de la Vague de Teahupoo que j’ai enfin pu contempler.

Pour l’heure, j’aimerais m’initier à la peinture sur le sable et à la danse tahitienne.

Maururu de m’avoir lue.

Nana.