Le COVID s’invite

A peine avais-je fini mon précédent article que la communication de Victor, notre organisateur tombe sur le canal 72 de la VHF.

Un de nos bateaux voisins a fait état ce matin d’un cas de Covid-19.

la réaction est immédiate. Toutes les manifestations sont annulées ; c’est ce que s’empresse de communiquer radio-ponton, et qui est bientôt confirmé par un message WhatsApp.

L’on devait partir en bus au sommet du Teide. Annulé.

L’on avait jeudi soir une conférence avec un ancien participant du Vendée Globe qui nous rendait visite aux Canaries : annulé.

L’on avait un repas chez Guannobi le vendredi soir avec tous les participants : annulé.

Reste à savoir comment la direction du groupe va réagir au niveau du départ prévu dimanche et qui devait, le cas échéant, être discutée, vu la météo.

Nous réagissons très vite avec Robin, et Bettina, et Fabienne qui récupère de sa grippe.

Premièrement un test Covid est réalisé sur Fabienne et Bettina. Il est négatif. C’est déjà celà.

Ensuite l’on réserve en ligne quatre montées descentes sur le téléphérique du Teide. Des places sont disponibles à 13.40. On a le temps de prendre la VW golf louée par nos amis et de nous rendre en franchissant plusieurs couches de nuage et des rideaux de pluie au pied du Teide avec 40 minutes d’avance.

C’est lunaire. C’est même un peu martien. Mais le panneau annonçant que le fabriquant du téléphérique est basé à Thoune nous ramène à la réalité. 
 

Nous montons rapidement à 3500 mètres au dessus de lamer. C’est un méga dénivelé pour nous qui avons quitté le bateau quelque deux heures avant.

le ciel est en partie bleu. Le sommet du Teide est encore 200 mètres plus haut, mais son accès est restreint. 
 

Nous faisons une balade de moins d’un km, et retour, pour constater que nous sommes rapidement essoufflés. Nous identifions çà et là quelques fumerolles qui indique que ce Teide n’est pas du tout éteint. D’ailleurs de grosses fumerolles se dégagent au sommet.

Retour à Santa Cruz, à la Marina,  pour retrouver notre fils Lionel et Claude-Aline. Ils sont arrivés de Bâle, par un vol Esayjet à l’heure. Et ils sont heureux de participer à la suite de notre périple.

 

Sur les pontons la tension monte d’un cran lorsque l’on reçoit un e-mail du groupe Grand-Large indiquant que le départ de la course est reporté de plus d’une semaine. La réaction est unanime, ou presque, la flotte décide de partir le samedi matin.

Ce qui fait que ce samedi matin nous sommes les premiers avec Impossible à sortir de Santa Cruz pour une traversée qui risque de s’allonger pas mal en raison de la météo. Il va nous falloir viser les îles du Cap Vert pour attraper les alizés qui sont très bas. Bref 850 milles le long des côtes africaines qui vont nous rallonger passablement la route. Directe c’était environ 2600 milles. Là, on va aller flirter avec les 3000, soit deux jours de plus probablement. Surtout, cela pourrait être encore plus long en fonction de la force §de cet alizé. 
 

L’on nous promet encore une quarantaine de 48 heures à l’arrivée le temps de réaliser des tests PCR.

 

Bref, l’aventure démarre. Je sens Fabienne un peu émue à la barre ce matin lorsque tous les voiliers du GLYWO nous saluent à coup de sifflets ou de klaxons. Notre rêve prend corps. C’est le moment d’en profiter. Pleinement.