De la Barbade à la Martinique, en passant par Bequia

Fab a Bequia

Notre périple nous a conduit au Nord-Ouest de la Barbade à St Charles. Nous établissons en fin de matinée les formalités diverses de douane et d’émigration. Nous réglons aussi les frais de Marina. Devant l’insistance de l’employé de la Marina,  je consens à quitter le quai vers 14.00. Ceci faisant, je commets deux erreurs. L’une de ne pas insister pour partir plus tard, ce qui ne changeait rien, vu le nombre de places disponibles. L’autre de ne pas simplement mouiller à l’extérieur de St Charles pour attendre la fin de la journée. Et de partir ensuite seulement à la nuit tombante et non de suite.


la veille au soir, un long et passionnant débat a eu lieu au sein de l’équipage. Devions nous rejoindre directement la Martinique où passer par les Grenadines, en y entrant par la baie protégée de Port Elizabeth, à Bequia ?

Une mauvaise dépression prévoyait de nous envoyer de très forts vents de jeudi à dimanche inclus. Selon l’éventuelle suite, cela pourrait mettre ensuite en péril notre remontée vers la Martinique, au près, pour permettre à Coralie de prendre son avion le 23 au soir, pour retrouver sa famille à Lille, le 24.

De leur côté, Lionel et Claude-Aline ont renoncé à partir pour la Guadeloupe, vu le contexte politico-sanitaire. Ils ont en revanche identifié une école de plongée à Bequia et un hôtel attenant, ce qui leur donnerait cinq jours de confort et d’intimité, après quatre semaines sur le bateau. 
 

Chaque camp explique sa position. Coralie, un peu empruntée explique que le Noël  de famille est important, mais que si elle devait rater son avion, elle s’efforcerait de prendre le suivant. Lionel plaide que la fenêtre météo suivant le dimanche prochain permettra avec de la marge de remonter à la Martinique. De plus la Martinique connaît un couvre feu à 20.00, ce qui ne la rend pas très attractive.
 

Débrouillard, Lionel a pu contacter un contact de l’école de plongée qui nous assure d’une bouée proche de la côte, ce qui devrait nous permettre de nous mettre en sécurité lorsque le vent fort soufflera.

 

Chacun laisse le skipper trancher en s’en remettant à son sens de préserver la sécurité de l’équipage et de faire « le bon choix ». Le genre de décision très difficile à prendre. 
Le skipper se laisse la nuit de réflexion, puis décide de mettre le cap sur Bequia. Crazy Flavour doit donc effectuer 95 milles. Il compte y arriver le petit matin en quittant Saint Charles en début d’après-midi.

Mais très vite, le vent souffle fort et la vitesse du bateau dépasse largement les attentes, envoyant notre esquif dans la région mouvementée de l’île de Bequia avec une arrivée en pleine nuit, ce que tous les guides recommandent d’éviter.

La solution consistera à contourner l’Ile de Saint Vincent par le Nord, de la descendre par l’Ouest, ce qui rallongera de beaucoup la route, mais permettra d’arriver sereinement vers 9.00 le matin, après une dernière traversée du détroit séparant St Vincent de Bequia par un 28 kn de vent marqué, ce qui nous amène prudemment à prendre un troisième ris.

Là, nous sommes tenus de mouiller à proximité d’un bâtiment dans lequel siègent les autorités sanitaires. Nous devons leur faire la démonstration d’un test PCR négatif dans les 72 heures précédentes.

Le temps ne se compte pas de la même façon selon que l’on est plaisanciers ou autorités…

L’on finit par nous donner le feu vert vers 11h10, pour descendre à terre, après 2 heures de relance par VHF, et un appel à la cheffe de l’antenne sanitaire sur son portable que je finis par obtenir à force de relances.
 

Et là on se contente de nous taxer de USD 75 pour nous délivrer un laisser passer qui nous permettra de descendre à terre dans l’autre partie de la baie, auprès de la douane et de l’immigration. Il faut se dépêcher, les bureaux ferment à midi. Et sinon, il faudra attendre le lendemain !

Le skipper va précipiter la manœuvre et, dans un délai de trente minutes, passer par un bancomat pour y prélever des espèces locales, et accomplir toutes les formalités, avec liste d’équipages et passeports. La perspective de la pause de midi a quand même un certain effet dynamisant sur le fonctionnaire moyen de St Vincent les Grenadines. Ils sont au demeurant tous très polis et respectueux de l’étranger apporteur de devises… l’opération nous revient à USD 75 ( chiffre magique ? ), pour rendre notre bateau autorisé à visiter toutes les Grenadines. 
 

Je dois dans la foulée trouver le dénommé Fitzy, contacté par Lionel, pour convenir de la bouée. Il faut préciser que les autorités sanitaires nous avaient imparti un délai de trois heures pour changer de mouillage, sous peine d’être taxé de USD 25 supplémentaires si nous restions sur notre ancre à cet endroit. Il n’existe aucune limite dans la source de revenus qu’un bateau peut générer pour une telle juridiction !

Fitzy est connu de tous, mais encore faut-il le trouver peu après midi, sans l’avoir jamais vu. Ce sera chose faite, car il a une place notoire sous un arbre en bord de baie. Je l’y trouve et on se met d’accord pour déplacer immédiatement notre catamaran, pour une bouée à cinquante mètres devant l’hôtel et le centre de plongée. Elle n’est pas belle la vie ?
A 12.55, nous sommes à poste, formalités toutes achevées. Ouf. C’est assez stressant ces administrations qui sont si peu ouvertes et si exigeantes. Mais la baie est magnifique et Claude-Aline et Lionel sont aux anges.

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Bequia

Fabienne vous narrera notre séjour à Béquia. Une île qui nous a beaucoup plu. Et le temps de notre passage de six jours, nous aurons l’occasion de voir un ancien premier Ministre être enterré en grande pompe…

Lionel réussira son PADI. Nous aurons un jour près de 40 kn de vent sur notre bouée. Heureux de ne pas être au mouillage plus bas dans les Grenadines. nous n’aurions pas eu d’abri digne de ce nom.

Nous avons décidé de quitter l’île de Bequia le lundi matin à l’aube, pour remonter l’île de Saint Vincent et de gagner l’île de Sainte Lucie pour un mouillage sur ancre d’une nuit avant de remonter sur la Martinique. Cela devrait nous permettre de rejoindre Sainte Anne deux jours avant l’envol de l’avion de Coralie.

Nous apprêtons à partir vers 8.00, avec un vent fort qui souffle dans la passe de Bequia. Nous avons trois ris et la trinquette. Nous naviguons contre le vent à 9 kn de vitesse.

Dans un détroit dans lequel le vent souffle en rafle. Le vent apparent monte à certaines occasions jusqu’à 33 kn. Mais ce passage est vite franchi, suivi d’une remontée de l’île St Vincent en partie au moteur. Mais le passage sur Sainte Lucie est lui aussi assez musclé. De nouveau presque au près. Avec deux ris et la trinquette. Cela va nous prendre quelques heures avant d’arriver proches des fameux pitons de Sainte Lucie, si caractéristiques et beaux. 
 

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Piton Ste Lucie

L’on passera la nuit à l’anse Cochon. Le lendemain, après un magnifique bain dans les coraux, l’on repart pour traverser le passage pour la Martinique. Cela se révèle à nouveau musclé, avec des grains à 28 kn. Mais Crazy Flavour fait parler la poudre et nous semons tous les voiliers qui traversent avec nous, sauf un plan Erik le Rouge, lègèrement plus rapide.

Ouf, nous arrivons et mouillons devant Sainte Anne, et partons faire les formalités d’entrée au Marin en dinghy. Sportive, cette traversée dans les vagues courtes soulevées par un alizé fort et constant. Lionel et moi rentrons trempés, mais heureux.

Le soir, l’on n’en revient pas. On a tout fait selon les plans. Sans casse supplémentaire, malgré des vents au-dessus des moyennes saisonnières. L’on vous racontera la suite après Noël . 

Que ce soit ici l’occasion de tous vous souhaiter de très joyeuses fêtes de fin d’année, dans le contexte un peu déprimant que l’on sait.


La Covid domine le monde et les esprits. Elle est aussi, nous l’avons vu et réalisé, un gigantesque moyen de générer du business, sous divers prétextes.

Elle ne peut continuer à s’imposer, année après année. Courage.

Et surtout, merci à tous de votre support de vos très nombreuses réactions. Auxquelles nous ne pouvons pas toujours donner la suite qu’elles méritent….Miss elles sont toutes appréciées.
 

Cet article a été rédigé en parallèle à une giga lessive au Marin, mais la dignité et la paix retrouvée sur le sujet nous impose de n’en dire plus….