Crazy Flavour au Marin

Salon

Nous arrivons dans la Marina du Marin le 17 janvier au matin.

 

La veille Jacques Lacour est arrivé à Sainte Anne sur le ponton, 15 minutes avant le couvre-feu, déposé par Clarence et Nathalie Peter qui se dépêchaient de rejoindre leur hôtel avant l’heure fatidique.

 

Quel plaisir de retrouver Jacques, cet ami de toujours, avec lequel j’ai partagé tant d’aventures de jeunesse. A peine à bord, Jacques expérimente le crachin martiniquais qui nous fait dérouler les bâches protectrices du carré.

 

Puis nous devisons une partie de la soirée. Jacques veut recueillir de la bouche de Fabienne ses vraies impressions sur la traversée. On sent qu’il a lu le blog, mais cherche à en savoir davantage.

Bref, c’est très sympa de nous retrouver les trois et d’échanger sur tous les sujets.

 

J’explique à notre ami que j’ai préparé une liste de choses à revoir ou réparer à laquelle il faudra s’atteler dès que possible.

 

En vue la Marina, vers 10.00 le lendemain matin, nous sollicitons par VHF le numéro de notre place et notre ponton. L’on nous répond assez sèchement que les places ne sont pas encore toutes disponibles. La veille Victor m’avait assuré du contraire. Donc, on appelle Victor sur canal 72, en tandem avec Sébastien pour lui demander d’intervenir. Nous comprenons que deux bateaux de location auraient déjà du être déplacés. Ils vont promptement l’être, alors que l’on stabilise Crazy Flavour en marche arrière contre le vent, qui est la position la plus stable, surtout comme là, où ça souffle à 20 kn dans la marina. Bref on perd 45 minutes pour rien. Mais c’est la vie….

 

On peut finalement prendre notre place, proche de Surya, bientôt rejoint par Impossible qui se glisse entre nous et Surya, et JAMS vient se mettre devant nous. Sur le même quai, il y a le 5X Biotrek et en bout de ponton, Vitamine, Vitia, Wilding, Akaora III et Great Circle. L’alignement des deux 5 X et des deux O55 permet de comparer et d’apprécier la ligne superbe de tous ces bateaux. Bref une partie importante de la famille GLYWO se retrouve sur ce ponton comme s’ils venaient de se quitter la veille.

 

Drôle de sensation de s’amarrer à un ponton avec eau et électricité. Cela fait depuis le 7 décembre que ce n’est pas le cas. Et un mouillage reste toujours une source d’incertitude. Fabienne me fait comprendre que je devrais pouvoir décompresser et mieux dormir. Pas sûr.

 

Nous retrouvons Clarence et Nathalie à midi pour partager un lunch au double V.

 

Je connais Clarence depuis un camp de voile à Port Choisel, que nous avions effectué à l’âge de 13 ans. Et nous avons passé ensemble quatre ans au collège Calvin et trois ans à la faculté de droit.

J’avais rencontré Nathalie dans le cadre d’un voyage aux USA pour découvrir que nous connaissions plein de gens en commun à et autour de Genève. Bref nos trois invités sont des très bons amis de longue date. Et tout se passe avec eux parfaitement naturellement. Robin, qui a traversé l’Atlantique (avec Bettina) sur Crazy Flavour est le frère aîné de Clarence, il a donc pu leur transmettre les détails de notre périple.

 

En début d’après-midi, Jost nous permet de visiter son 5X, Surya, qui impressionne par son intérieur très vaste, sa propreté et ses rangements, mais aussi par tous les instruments de dernière génération. Je sens Clarence et Nathalie en mode observation.

 

Nos trois genevois apprécient d’avoir quitté Genève où il semble régner une forme d’ambiance délétère en raison de la COVID et de ses vagues successives. Ils s’habituent graduellement au climat tropical et à l’ambiance ponton.

 

Nous nous mettons à la tâche avec Jacques et attaquons la to do list. Ce qui suppose de travailler sur plusieurs chantiers en parallèle. Les compères que nous sommes n’avions toutefois pas complètement anticipé que le bricolage amènerait nécessairement son lot d’outils et de matériel qui allait progressivement envahir l’espace vital de Fabienne.

 

Celle-ci met le holà. Nous sommes sommés de ranger chaque soir et de ne pas laisser des engins ou pièces encombrantes sur certaines parties du bateau.

 

Jost, de Surya, nous prête son karcher et nous nettoyons complètement les 100 mètres de la chaîne de l’ancre. Puis l’on nettoie le carré et le fameux Bolon, que ceux qui ont fréquenté le bateau connaissent bien.

 

Jacques bricole et répare de manière naturelle et presque magique.

 

En fin de journée nous avons la visite de Jean-Pierre Balmes. Ce dernier vient de participer sur son 40 pieds à la Transat Jacques Vabre. Il s’était par ailleurs distingué dans la dernière édition de la route du Rhum, sur un Outremer 4X. Il a été notre formateur et c’est quelqu’un dont nous apprécions la qualité humaine et de cœur. C’est un réel plaisir de le revoir…

 

Puis débarquent Matthieu Rougevin Baville et un cameraman pour recueillir nos impressions à ce stade du GLYWO. L’idée est d’avoir une chaîne YouTube sur laquelle chacun pourra relater ses expériences, ses motivations, ses déceptions. Nous nous exprimons sans langue de bois, mais positivement. L’on verra ce qui survivra au montage. J’apprécie la finesse d’analyse, les qualités humaines et la lucidité de Matthieu, sous l’impulsion notamment duquel, en tant que directeur commercial, Outremer a connu un tel développement. Développement qu’il va falloir gérer dans la durée, alors que les délais d’attente s’allongent, vu l’ampleur non anticipée du carnet de commandes. Gérer le succès est aussi difficile et parfois même plus compliqué que l’insuccès.…

 

Le lendemain matin première heure, visite de Pierre DELHOMEAU, le courtier attitré du chantier Outremer, accompagné de Ysée, son assistante. Il visite tous les bateaux Outremer du GLYWO  pour définir avec chacun le timing d’une possible revente. Nous y reviendrons.

 

Voilà dans quatre jours, soit samedi matin, nous quitterons la Martinique pour les San Blas, avec une probable escale à Bonaire. Il y a encore un peu (c’est un léger euphémisme) de préparation et d’achats. Hier, avec l’annexe Crazy Fabi, Jacques et moi sommes allés acheter 170 litres d’eau en bouteille chez Leader Price. Sacré travail avec la température ambiante. Mais sur de tels trajets à venir, « in aquae veritas ».

 

L’on retrouve, au hasard des pontons et/ou lors d’un cocktail organisé par Victor et Céline, tous ceux qui participent à cette aventure, en partie collective, en partie individuelle. L’on sent que progressivement les navigateurs se retrouvent très naturellement. On y accueille d’ailleurs trois nouveaux bateaux.  Tartine, un Outremer 51 qui n’a mis que 5 semaines pour venir de la Grande Motte jusqu’à la Martinique. Il est flambant neuf. Biotrek, un 5X canadien extrêmement bien soigné et entretenu qui parcourt les Antilles depuis deux ans. Et enfin POM III, un 5X dont les propriétaires vivent à Saint Martin et qui étaient impatients de se lancer à leur tour dans le parcours.

 

Tout le monde intègre très vite les nouveaux venus. L’ambiance qui règne est détendue, cordiale et « unpretentious ».

 

Je vous quitte pour reprendre ma to do list.

 

Ne déprimez pas trop, amis du continent, l’on annonce la fin de la Covid pour bientôt. Comme l’année dernière à la même période….